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28.06.2008

Délices viennois

Le vendredi, le journaliste en goguette s’ennuie dans Vienne. Plus de demi-finales, et deux jours à tirer avant le dernier match. Les joueurs se reposent, bien cachés, pas grand-chose à se mettre sous la dent. 

Dans les rues écrasées par la chaleur de la capitale autrichienne, le soir tombe doucement, quelques supporters russes soignent leur gueule de bois au Schnapps, des Allemands transforment «Volare» en un wagnerien finale, les Viennois se baladent en couple, le mini-short est à la mode. 

Splendeur et décadence 

Et le journaliste? Après avoir traîné sa fatigue, il se décide finalement à passer voir la fête organisée pour les médias par l’UEFA. Et là, il prend une grande claque dans la gueule. 

Alors c’était ça, les grands  bals viennois de Schönbrunn. C’est marrant, ça avait l’air plus classe dans Sissi. Le décor avait pourtant de la gueule: le Kursalon, juste la classe au-dessus de la baraque de Scarface. Dans le hall, serveuses déguisées en Marie-Antoinette. Une autre vision de la décadence. 

Baby-foot 

Bouffe et alcool à volonté bien sûr, servez-vous, l’UEFA régale. A voir la tête des deux cent journalistes, ça avait l’air bon. On avait déjà mangé, mais on n’a pas craché sur le vin blanc, même si cette coutume de rajouter de l’eau pétillante dedans, c’est quand même étrange. 

Evidemment, le journaliste est généralement un mec, autant dire que la soirée sentait un peu la testosterone. Mais l’UEFA a sans doute pensé à tout, et ont surgi de nulle part (enfin, probablement de la porte, mais au-delà, mystère), quelques grappes de minettes qui avaient l’air aussi de se demander ce qu’elles faisaient là. C’est quand même dingue, cette mode du mini-short. 

Ecran géant 

Dehors, des jardins, une terrasse, des canapés en cuir blanc, un babyfoot, et une bâche en plastique trouée avec des ballons. Le but, viser les trous. L’ami Antoine Maes régale la galerie de buts marqués en coup du foulard. La classe cht’i. 

Alcool à volonté et jeux pour gosses, le bon mélange. En bonus, un écran géant, qui retransmets le live feed de la piste de danse à quelques mètres de là. Se moquer des gens qui dansent est généralement une bonne distraction, mais alors le faire sur un écran géant, le pied…  

Bon, on ne s’est pas éternisé non plus, parce que la décadence, c’est marrant cinq minutes, mais ça n’a pas grand-chose à voir avec le foot quand même. Allez, dimanche, on va au musée.

Pierre Koetschet, journaliste, 20minutes.fr 

25.06.2008

lapins roses

Aujourd’hui, j’ai vu dans les rues de Bâle et aux abords du stade…Un allemand en slip, deux lapins roses, une course poursuite entre des gendarmes et un voleur (le voleur a gagné), trois comas éthyliques (ou pas loin), un jeté de tongs, un sosie de Gerd Müller, Dominique Rocheteau (le vrai), trois touristes italiens perdus, deux bavarois en culotte de peau, plusieurs litres de bière renversés, un drapeau turc en cape de superman, et quelque supporters de foot aussi.

Bon match!

Pierre Koetschet, journaliste, 20minutes.fr 

 

24.06.2008

Po, po-po, po po po, pooooo

On critique, on critique, mais s’il y a bien une chose pour laquelle on peut remercier l’UEFA, c’est bien la programmation musicale. Je ne veux bien entendu pas parler de «l’hymne officiel» de l’Euro sur lequel je préfère pudiquement glisser, mais plutôt du choix de faire rentrer les deux équipes sur «Seven nation army» des White Stripes.
 
Après, on aime ou on n’aime pas, moi, j’aime bien, donc ça me va, mais ce qui est surtout remarquable, c’est que l’UEFA a choisi une chanson que les supporters ont transformée en chanson de foot au fil du temps (ici au Vélodrome).
 
Au lieu de vouloir à tout prix nous faire rentrer des airs dans la tête (et tous ceux qui ont subi «love generation» plusieurs fois par jour pendant la coupe du monde 2006 comprennent cette douleur), l’UEFA a donc choisi de réutiliser les codes des supporters.
 
Dans  ce genre de grande compétition mondialisée, c’est assez rare pour être applaudi.
 
Donc, «Seven nation army», un hymne au foot. La façon dont s’est opérée la transformation est très bien retracée ici par les confrères du «Monde». Je résume pour les non-abonnés: des Romains reprennent l’idée à des Flamands rockeurs, la mélodie devient la chanson des tifosi de la squadra à la Coupe du monde 2006 (il faut battre sept équipes, pour être Weltmeister). De fil en aiguille, comme l’air est plutôt simple, entraînant, et vaguement guerrier, tout le monde l’a repris. Même l’UEFA.  
 
Il ne reste plus qu’à savoir ce que Jack White pense de cet emprunt qu’il n’avait sans doute pas prévu.

Pierre Koetschet, journaliste, 20minutes.fr 

 
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